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Réussir ensemble! La Suisse fête les Journées du réfugié 2013

12. juin 2013

Le travail ne rime pas seulement avec indépendance financière, mais aussi avec reconnaissance et sentiment d’appartenance.

C’est pourquoi l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés OSAR, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés UNHCR et l’Office fédéral des migrations ODM, veulent montrer à l’occasion des Journées du réfugié 2013, ce que l’économie et la société ont à gagner en offrant à des réfugié-e-s non seulement une protection, mais aussi du travail. A Berne s’est déroulée le 11 juin 2013 la manifestation de lancement des Journées du réfugié, qui sont cette année organisées autour de l’idée directrice "Réussir ensemble".

La manifestation s'est ouverte par une allocution de Beat Meiner, secrétaire général de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) : "L'économie et la société ont tout à gagner d'une intégration réussie des réfugié-e-s", a-t-il affirmé, puis d'ajouter : "Les Journées du réfugié 2013 sont également placées sous le signe de l'intégration des réfugié-e-s et des personnes admises à titre provisoire dans le monde du travail." Il a poursuivi en expliquant que le partenariat entre les trois organisations responsables, l'OSAR, l'UNHCR et l'ODM, offrait l'opportunité d'accorder une attention accrue aux préoccupations des réfugié-e-s. Il a précisé que le slogan des Journées du réfugié de cette année, "Réussir ensemble", s'appliquait aussi à ce partenariat.

Jeter le bon éclairage sur la situation

Les gens ont peur que l'Europe et la Suisse soient envahies de réfugié-e-s. Susin Park, responsable du bureau UNHCR Suisse à Genève, a clairement constaté que cela n'est nullement le cas. "Plus de 80 pour cent des réfugié-e-s restent dans leur région d'origine et seul un très faible pourcentage cherche la protection dans les pays industrialisés d'Europe", a-t-elle affirmé, puis elle a pris un exemple actuel pour illustrer ce fait : "Le petit Liban, qui compte 4 millions d'habitant-e-s, a accueilli 400 000 réfugié-e-s syriens en l'espace d'un an." On s'imagine ce que cela voudrait dire pour la Suisse "c'est comme si nous devions accueillir 800 000 réfugié-e-s en un an, soit 10 pour cent de la population globale. En Suisse, les réfugié-e-s reconnus comme tels, les personnes déplacées par la guerre et la violence admises provisoirement et les requérant-e-s d'asile réunis ne représentent en réalité même pas 1 pour cent de la population globale, bien que ces dernières années, la moitié en moyenne des requérant-e-s d'asile de Suisse ait été reconnue comment ayant besoin de protection." La peur ne favorise pas l'intégration. Les personnes ayant besoin de protection ne demandent rien de plus que travailler et d'apporter leur contribution. Le leur permettre est aussi un facteur de cohésion sociale.

Situation gagnant-gagnant

Souvent, l'intégration professionnelle des réfugié-e-s ne réussit pas, ce qui s'explique par des raisons diverses. "Par exemple, les préjugés ou la difficulté d'obtenir la reconnaissance des qualifications et de l'expérience professionnelles", comme l'a expliqué Mario Gattiker, directeur de l'ODM. En mettant sur pied ses propres projets, l'ODM entend renverser la vapeur. Ainsi, le projet "Exploiter les potentiels", réalisé en collaboration avec plusieurs œuvres de bienfaisance, a pour but de faire reconnaître les diplômes et expériences professionnelles des réfugié-e-s et de soutenir ces personnes dans la recherche d'un emploi ou dans une formation professionnelle adaptée à leur expérience.

"Néanmoins, même les meilleurs programmes et projets ne sont pas très utiles si les employeurs ne tirent pas sur la même corde", a objecté Mario Gattiker. Il a ajouté que de nombreux employeurs ignoraient par exemple que les personnes admises à titre provisoire ont le droit de travailler. C'est pourquoi la Confédération a rédigé une brochure à leur attention. Le directeur de l'ODM a rappelé que la Confédération, les cantons, les villes et les communes sont en dialogue avec l'économie privée depuis l'automne dernier afin d'améliorer l'égalité des chances sur le marché du travail, aussi pour les réfugié-e-s.

"Les Journées du réfugié", telle a été la conclusion de Mario Gattiker, "ont pour but de démontrer à la population et aux employeurs que les réfugié-e-s et les personnes admises à titre provisoire veulent et peuvent apporter leur contribution à l'économie suisse et à la société suisse".

Le visage des Journées du réfugié 2013

Le fait que l'intégration des réfugié-e-s et des personnes admises à titre provisoire dans le processus de travail fonctionne est pour ainsi dire incarné par le "visage" de la campagne de cette année. Ramanathas Sathiyanathan, 41 ans, d'origine tamoule, est arrivé en Suisse à l'âge de 17 ans. Aujourd'hui, sa vie professionnelle est réussie, puisqu'il est chef d'équipe dans une entreprise suisse ancrée dans la tradition de l'Emmental. Son employeur, PB Swiss Tools, fait partie des entreprises qui ont décelé le potentiel des réfugié-e-s et des personnes admises à titre provisoire et leur proposent un emploi pour qu'un bénéfice soir retiré des deux côtés.

Les Journées du réfugié sont également présentes sur le web: sur le site www.journées-du-réfugié.ch se trouvent des informations sur la campagne "Réussir ensemble", des clips, des vidéos de portraits de réfugié-e-s, la liste des manifestations régionales durant tout le mois et des liens vers d'autres sites, ainsi qu'un reportage sur le "jeu de l'exil", qui figure dans l'offre de formation de l'OSAR, et auquel se sont prêtés des Parlementaires pour le lancement des Journées du réfugié à Berne.

Les Journées du réfugié se dérouleront le samedi 15 juin (Journée nationale du réfugié), le dimanche 16 juin (dimanche du réfugié) et le jeudi 20 juin (Journée mondiale du réfugié).

Source: www.news.admin.ch

 



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